Le système Check-in@Work s'apprête à connaître son évolution la plus importante depuis sa mise en place. Un projet de loi prévoit une extension majeure de l'obligation d'enregistrement des présences sur les chantiers belges, avec une entrée en vigueur prévue au plus tard le 1ᵉʳ janvier 2027. Voici ce que cela implique concrètement pour votre entreprise.
Un rappel : qu'est-ce que Check-in@Work ?
Check-in@Work est le service en ligne de l'ONSS qui permet d'enregistrer la présence des travailleurs sur les chantiers belges dont le montant total des travaux atteint 500.000 euros hors TVA. Cette obligation s'applique aux travaux immobiliers au sens large : démolition, construction, rénovation, finition, entretien ou nettoyage. Le non respect de cette obligation peut entraîner des amendes allant jusqu'à 6.000 euros par travailleur non déclaré.
Le changement principal : la fin de l'enregistrement préalable
Aujourd'hui, un employeur peut encore enregistrer ses travailleurs à l'avance et à distance pour toute une période. Le projet de loi prévoit la suppression pure et simple de cette possibilité. À partir de son entrée en vigueur, chaque personne présente sur le chantier devra s'enregistrer elle même, en temps réel, à la fois à son arrivée (IN) et à son départ (OUT). Les pauses ne devraient pas devoir être déclarées dans un premier temps.
Ce principe d'enregistrement des entrées et des sorties n'est pas totalement nouveau : il est déjà appliqué dans le secteur du nettoyage depuis septembre 2024, sous le nom de Check In and Out at Work (CIAO). Le secteur de la construction adoptera désormais la même logique.
Pourquoi ce changement ?
L'objectif reste le même que celui qui a motivé la création de Check-in@Work : lutter contre la fraude sociale et la concurrence déloyale, tout en garantissant une meilleure sécurité sur les chantiers. Savoir précisément qui se trouve sur place, à un instant donné, permet une réaction plus rapide en cas d'incident ou d'évacuation.
Ce que cela signifie pour votre organisation
Concrètement, les entreprises qui géraient encore l'enregistrement de leurs équipes de manière groupée ou anticipée devront revoir leur processus. Chaque travailleur, sous traitant ou intérimaire présent sur un chantier concerné devra disposer d'un moyen d'enregistrement adapté (badge, application mobile, borne de pointage) et l'utiliser à chaque arrivée et chaque départ.
Pour les entreprises déjà équipées d'un outil digital de pointage terrain, cette transition devrait rester transparente : l'enregistrement en temps réel via smartphone ou badge fait déjà partie du quotidien de nombreuses équipes. Pour celles qui fonctionnent encore avec des feuilles de présence papier ou un enregistrement manuel groupé, l'échéance de 2027 est le bon moment pour digitaliser ce processus.
Un calendrier encore à préciser
Le projet de loi doit encore terminer son parcours parlementaire, ce qui signifie que certains détails pourraient encore évoluer d'ici l'entrée en vigueur définitive. La date exacte sera fixée par arrêté royal, avec pour échéance ultime le 1ᵉʳ janvier 2027. La tendance de fond, elle, est déjà claire : l'enregistrement en temps réel des entrées et des sorties va devenir la norme sur les chantiers belges.
Nous continuerons à suivre l'évolution de ce dossier et à vous tenir informés des implications concrètes pour votre gestion de chantier.
Sources : ONSS, service public fédéral Emploi, Travail et Concertation sociale.
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